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Eléna Ferrante- La vie mensongère des adultes- ♥♥♥♥


Comment un regard porté, bon ou mauvais, peut bouleverser une vie .....

Quelques mots assassins et violents à peine  chuchotés et voilà une enfance qui bascule, une innocence qui se  délite et un univers  protégé complètement dévasté.

C'est ce que va vivre Giovanna. 13 ans. 

Elle va braver les interdits pour découvrir sa famille en quête constante de vérité. Son seul désir, comprendre les adultes. Avec elle, on sillonne  Naples et ses quartiers riches à l'italien impeccable dont elle est issue et Naples le populaire, avec son dialecte caractéristique.  

Et Milan, la ville de tous les rêves et de l'émancipation. 

On découvre une famille napolitaine et leurs liens ô combien complexes, houleux, conflictuels où la rancoeur est omniprésente. Et puis, ce  bracelet.  Talisman ou porte-malheur ? Il passe de poignet en poignet, de trahisons en trahisons. Il sera simultanément un objet de séduction, de convoitise, ou de torture selon les personnes qui le portent. 

Ce livre  s'annonçait remarquable. Et il aurait pu l'être si j'avais découvert l'auteur. Mais il me laisse un petit gout amer, le gout de déjà-vu. Une perte de légèreté que j'avais tellement adorée dans l'amie prodigieuse. Ce n'est pas une surprise car trop de similitudes. Roberto est Nino, Rosario un Solara. Et toujours des jeunes filles avec leurs émois, leur quête de vérité et d'absolu. Et bien sûr, le livre, l'érudition, et ces cercles de bien pensants avides de mots qui font ou défont les liens. 

Malgré tout, Eléna Ferrante est une très belle conteuse à la rigueur impeccable. Son texte est merveilleusement empreint de réalisme, analysant à la perfection les sentiments psychologiques et orageux de cette adolescente. Par sa plume mordante, parfois choquante, elle nous transporte avec délectation dans cette famille hors du commun et peut-être pas si éloignée de nombreuses familles. 

Quatrième de couverture :

"Deux ans avant qu’il ne quitte la maison, mon père dit à ma mère que j’étais très laide."
Giovanna, fi lle unique d’un couple de professeurs, vit une enfance heureuse dans les hauteurs de Naples. L’année de ses douze ans, elle surprend une conversation dans laquelle son père la compare à Vittoria, une tante à la réputation maléfique. Bouleversée par ce rapprochement aussi dévalorisant qu’inattendu, Giovanna va chercher à en savoir plus sur cette femme. En fouillant l’appartement, elle déniche de rares photos de jeunesse sur lesquelles son père se tient aux côtés d’une personne mystérieusement recouverte de feutre noir. Elle décide alors d’aller à la rencontre de cette Zia Vittoria habitant les quartiers pauvres de Naples. Dans cette partie de la ville qui lui était inconnue, l’adolescente découvre un autre univers social, une façon d’être plus spontanée. Incitée par sa tante à ouvrir les yeux sur les mensonges et les hypocrisies qui régissent la vie de ses parents, elle voit bientôt tout le vernis du monde des adultes se craqueler. Entre grandes espérances et cuisantes désillusions, Giovanna cherche sa voie en explorant les deux visages de la ville, comme deux aspects de son identité qu’elle tente de concilier. 

Nombres de pages : 416

temps de lecture : 8 heures

plaisir de lire : 8/10

Date de parution : juin 2020

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